Toi aussi t’as besoin qu’on t’aime ?

Ce matin j’ai passé la binette dans la cour devant la maison. Pour enlever les feuilles qui s’étaient accumulées et les plantes qui avaient commencé à pousser dans le goudron. Le tout était en train de devenir un joli tas d’humus qui à terme allait désintégrer l’enrobé.

J’avais pas du tout prévu de faire ça au départ. J’étais sensée préparer ma web-conférence de demain soir (oui parce que si t’es pas au courant, demain soir je donne ma première web-conférence en direct ! Le sujet c’est sois libre de créer ta vie. Si ça t’intéresse c’est par ici pour t’inscrire.)

Mais par un concours de circonstances, je me suis retrouvée dehors, bien emmitouflée dans le froid matinal, dans le jardin plein de givre. Avec en fait rien de spécial à faire. Et je sens la binette qui m’appelle : « Allez prends-moi, ça va pas durer longtemps, faut bien le faire ce truc de temps en temps ». Je réponds « allez, ok ».

J’ai gagné une prise de conscience de ouf. Je savais déjà que quand je fais quelque chose que j’ai pas prévu mais qui m’appelle, j’en tire souvent une leçon de vie. Une bonne grosse dose d’inspiration sous-jacente. Bah ça a bien confirmé la règle, j’ai pas perdu ma matinée.

Mon inspiration du jour alors : les plantes. Elles sont destinées à coloniser la roche, le minéral. Pour rendre la surface de la planète fertile. Et en plus elles nous permettent de respirer. Sans elles on n’existe pas. Elles sont vraiment épatantes. Mais en plus, elles sont une vraie source d’inspiration.

Ok, donc je grattais le dessus de l’enrobé pour enlever les plantes qui avaient commencé à germer dans des micro-interstices. Sauf qu’une plante, ça a des racines. Et les racines, elles se glissent dans des micro brèches qu’elles créent elles-mêmes en fait. Plus ça va et plus les micro brèches s’agrandissent. Les parties mortes de la plantes tombent et créent de l’humus à son pied dans lequel elle va pouvoir puiser des nutriments. La plante se crée elle-même les conditions de sa propre survie, de sa croissance et petit à petit de la vie du règne végétal en général puis des autres règnes sur la planète.

C’est ce qu’on pourrait faire nous les humains. A la place on crée les conditions de notre perte et de celles des autres.

Sous la couche de feuille je découvre qu’il y a des plantes qui sont bien enracinées dans le goudron. Je gratte fort pour les enlever. Mais en fait quand je gratte trop fort, je découvre que j’enlève du goudron avec, et c’est pas mon but parce que je fais quand même ça pour le préserver. Sauf que les racines elles ont bien entamé leur boulot et elles ont commencé à le découper en morceaux de la taille de petits cailloux. Et là je me dis que les plantes c’est des guerrières en fait. Elles sont minuscules et elles font des dégâts visibles en peu de temps finalement.

Et pourquoi elles font des dégâts ? Pour assurer la Vie sur la planète ! Et nous les Humains, on a trop peur de faire des dégats à notre petit niveau, le résultat c’est qu’on finit par s’auto-détruire…

La plante elle se pose pas la question de savoir si elle peut lui défoncer sa gueule à l’enrobé pour pouvoir grandir. Elle le fait c’est tout. Sinon elle ne peut pas exister. Elle n’est pas là en train de se dire «  Oui, mais si je lui fais du mal à l’enrobé alors il va pas m’aimer, et si l’enrobé m’aime pas, alors je vais me sentir rejetée, ça ne vaudra plus le coup de vivre. Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Oh non, je ne peux pas lui faire de mal. Je ne veux pas faire de vagues. Je fais une toute petite micro-racine qui va pas le gêner. Voilà comme ça. Il m’en voudra pas. » Sauf que si elle raisonne comme ça au premier coup de vent, elle disparait.

C’est ce que j’étais. Moi, une petite plante qui avait envie de grandir mais qui ne voulait pas faire de vagues. Qui ne se sentait pas de survivre sans être aimée par son entourage. Mais jusque-là c’est normal pour un petit humain. Mais le petit humain a grandi et j’ai continué à ne pas oser faire ce que j’avais à faire pour exister, à me retenir d’agir ou même de penser de peur de ne pas être aimée, à ouvrir ma gueule, dire non, poser mes limites, dire tu m’emmerdes, je n’ai pas envie de ça…

Elle m’inspire cette plante. Maintenant je fais comme elle, c’est-à-dire faire ce que j’ai à faire pour être moi. Tant pis si au passage je défonce la gueule de l’enrobé. Parce que si je décide de voir les choses à ma façon : c’est lui qui était sur mon chemin.

J’arrête de me mentir à moi-même et de me chercher des excuses. Maintenant je fais des vagues.

Pour t’inscrire à ma web-conférence de demain.

Pour t’inscrire à ma newsletter.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.