Engin de chantier

La puissance du désir

Le schéma pour obtenir ce qu’on veut dans la vie m’a été enseigné par mon fils de 3 ans et demi (bon, d’abord par d’autres personnes éminentes à mes yeux, mes mentors on va les appeler, cependant, c’est mon fils qui m’en a donné un aperçu complet et réel à son échelle et qui m’a permis de le modéliser de façon pédagogique).

Petit aperçu rapide du contexte qui sert de support pédagogique pour cet article

Mon fils est fan d’engins et de véhicules. Il regarde des dessins animés et ça lui donne des idées pour créer des scènes de jeux. En ce moment, il joue avec des véhicules qui ont chacun un rôle différent. Et il rejoue des scènes de son dessin animé avec ses jouets. Il a une voiture de police, un camion de pompier, un hélicoptère, un tracteur, un tractopelle et des avions. Par contre, il n’a pas d’ambulance. Pas encore. Sauf que dans le dessin animé il y en a une.

Le début du désir : le reconnaître et l’exprimer

« Maman, je veux une ambulance. »

L’autre jour, il s’ennuyait. Je lui propose de jouer avec ses engins. Il me répond qu’il ne peut pas car il n’a pas d’ambulance. Puis il me dit : « Maman, je veux une ambulance. » Moi, un peu embêtée sur le coup : « ah, tu veux une ambulance… » J’essaie de lui trouver une solution rapide. Bah oui j’ai des trucs à faire et j’ai besoin qu’il s’occupe.

Je lui propose de prendre une autre de ses voitures pour jouer le rôle de l’ambulance. Bah non, ça marche pas, « il n’y a pas de croix dessus ». « Ah, et si tu dessinais une croix sur une de tes voitures ? Comme ça elle serait l’ambulance. » Bon, il accepte. On passe 5 minutes à sélectionner une voiture qui pourrait jouer le rôle de l’ambulance pour recevoir une croix fait main (bon une étoile, oui, mais lui il dit une croix alors je réutilise son langage). Il dessine sa croix, mais finalement il trouve que c’est raté, ça lui plait pas.

Son désir est plus profond que ça et les bricolages que je lui propose ne lui conviennent pas. Si toi tu veux t’acheter une maison et que l’agent immobilier te dit : « bah non désolé j’ai rien en maison pour le moment, il va falloir attendre un peu. Par contre je peux vous proposer une tente. Ça vous convient ? » Tu vas le regarder bizarrement. Il se fout de ma gueule ou quoi lui ?

C’était un peu ça qu’il se passait. J’ai bien senti qu’avec mes bricolages foireux je prenais pas son désir au sérieux. J’étais plus préoccupée par le fait qu’il me laisse travailler tranquillement que par ce qu’il se passait pour lui. Puis j’ai senti ma position intérieure changer : intuitivement j’ai senti qu’il y avait un truc qui se passait et j’ai profité de l’occasion sans savoir où ça allait nous mener.

Quel choix je pose pour réaliser mon désir

Bon, alors voilà Loulou. Si tu veux une ambulance, il y a plusieurs choix qui s’offrent à toi :

  1. Tu attends Noël.
  2. Tu attends ton anniversaire.
  3. Tu t’en achètes une avec tes sous.

On passe en revue les 3 possibilités :

  1. Noël, c’est dans trop longtemps.
  2. Mon anniversaire c’est dans trop longtemps.
  3. Ah bon ? Je peux m’en acheter une avec mes sous ? « Bah oui, tu as des sous dans ta tirelire. Va la chercher pour regarder combien tu as. »

J’ai pas fini la phrase qu’il est déjà dans sa chambre et qu’il revient en courant avec son cochon bleu. On compte les sous. 6€ et quelques. Bon. C’est pas beaucoup. On va regarder les prix, on sait jamais, grâce aux Chinois… Au pire tu pourras t’en trouver une à une brocante pour ce prix-là.

Donc j’ouvre une page Amazon pour regarder les prix des ambulances en jouet. Il choisit celle qui lui plait : Bon, celle-là fait 34 €, tu n’as pas assez de sous dans ta tirelire Loulou.

Il n’a clairement pas choisi celle à 8€. Bah oui, si t’as le choix entre une tente et une maison douillette, tu choisis la tente ? (je parle pour toute l’année, par pour 2 semaines de vacances, hein).

A quoi ce choix-là m’expose ?

Déception d’abord : mince, j’ai pas assez de sous dans ma tirelire L je ne vais pas pouvoir m’acheter l’ambulance que je veux. En même temps celle à 8€ elle est nulle. Elle m’intéresse pas. Comment je vais faire pour avoir celle à 34€ ?

Créativité : en fait, des solutions existent. Comment faire pour avoir 34€ ? Je lui donne une solution possible : vendre tes jouets dont tu ne te sers plus à la brocante pour augmenter la somme que tu as dans ta tirelire. « Ah bon, quels jouets ? » « Bah ton poney par exemple. »

Déni : « Quoi ? Non ! Je ne veux pas vendre mon poney ! » « Mais tu t’en sers plus ! » « Si je m’en sers. Tiens regarde. »

Marchandage : Et il va grimper sur son poney pour se balancer et me prouver (se prouver ?) qu’il l’utilise toujours. C’est la phase de marchandage ou encore de négociation, avec l’autre mais aussi et surtout avec soi-même.

Latence : on en reste là pour le moment. Il ne prend pas de décision, ne pose pas de nouveaux choix. Il passe à autre chose et moi aussi. Dans cette phase, il y a sans doute d’autres états émotionnels mais je n’en suis pas spectatrice : colère, tristesse, puis résignation, etc.

Ouverture : quelque temps après, le soir-même si je me souviens bien, il me dit : « Je suis d’accord pour vendre mon poney à la brocante ». Il a parcouru sa courbe de deuil, il est prêt à passer au changement et à vraiment poser un nouveau choix pour atteindre son objectif. Et moi je suis bluffée. Je lui propose qu’on passe en revue tous ses jouets pour sélectionner ceux dont il ne se sert plus et qu’il est prêt à vendre.

Détermination : il me rappelle plusieurs fois dans les jours qui suivent que je dois l’aider à trier ses jouets à vendre à la brocante. Et moi toujours bluffée : « Oui oui, bien sûr mon Loulou, on va s’en occuper. »

Appel à des savoir-faire extérieurs : il sait qu’il ne peut pas faire ça tout seul, alors il demande de l’aide à quelqu’un qui sait faire, qui peut lui montrer comment faire pour apprendre de lui (en l’occurrence moi dans cette situation). Ensuite il pourra être autonome sur cette tâche (c’est ce qu’il a d’ailleurs fait car il a ajouté de nouveaux jouets à vendre, tout seul, dans les jours qui ont suivi le tri qu’on a fait ensemble).

Action : le dimanche matin, on passe enfin à l’action. On a mis au moins 2h pour passer en revue tous ses jouets, du gros camion à la moindre bricole Kinder. Il a tenu le coup tout ce temps et il a joué le jeu.

Voilà tout ce que son simple désir de départ lui a permis de faire. Et c’est pas fini puisque derrière il y a aura encore la brocante. On ne peut pas savoir si en fin de compte il aura toujours envie de s’acheter cette ambulance. Mais peu importe. Ce désir de départ l’a mis en mouvement pour accomplir plein de choses derrière. En même temps je soupçonne qu’il soit ligne en structure Méta®, donc je comprends mieux sa détermination à aller dans la direction qu’il s’est fixée. Mais à 3 ans et demi, je suis bluffée. (C’est quoi le profil Méta® d’une personne ? Tu peux en lire plus par ici).

Petit résumé des étapes

C’est le même mécanisme pour un enfant de 3 ans et demi et pour nous. Les objectifs, le timing et la manière de vivre (ou pas) les émotions et les obstacles qui se présentent à nous sur le chemin ne seront pas les mêmes. Par contre l’apprentissage se fait de la même manière.

  • Reconnaître son désir
  • L’exprimer
  • Examiner les différentes possibilités pour nous amener là où l’on veut
  • En choisir une
  • Passer à l’action
  • Vivre ce qu’il y a à vivre sur ce chemin : renoncement, émotions, apprentissages, péripéties…
  • Atteindre l’objectif
  • Recommencer avec un nouveau désir.

Nos désirs nous font grandir et passer des étapes. Ils nous mettent en mouvement. Ils nous permettent d’apprendre constamment et de continuer à grandir.

Vrai ou faux désir ?

Oui, il y a des vrais et des faux désirs. Il y a des désirs nourrissants qui viennent de plus profond de ton être, et des désirs crispants qui ne viennent pas de ton toi profond mais du toi construit sur des bases bancales.

Si c’est un faux désir, il y a des chances que tu n’arrives jamais au bout, que tu traines, que tu changes 4 fois d’objectif. Et que même si tu arrives au bout, tu ne sois pas pleinement satisfait. Ou alors que tu arrives au bout justement pour te prouver que tu étais capable. Ou encore que tu arrives au bout rapidement car en mettant toute ton attention et ton énergie sur ton faux désir, tu ne laisses pas de place au vrai. Et tu te dépêches d’en trouver un autre pour remplacer celui-là et continuer à ne pas laisser la place au vrai.

Les faux désirs ne nous nourrissent pas vraiment. Il y a un enjeu à avoir ceci ou être comme cela. Une crispation dans le désir. Il n’est ni simple ni sain. On veut obtenir quelque chose pour une raison particulière mais pas pour la chose en elle-même. On veut être d’une certaine manière parce que ça peut rapporter quelque chose. On veut tel diplôme pour ce qu’il représente et dit de nous.

Pourquoi les faux désirs existent ?

Parce que tu as un égo. Une couche inconsciente construite par instinct de survie qui te fait agir et penser de manière automatique, sans même que tu te rendes compte que ce n’est pas vraiment toi, juste pour continuer à survivre. Sauf qu’aujourd’hui en tant qu’adulte tu n’en as plus forcément besoin. Mais il est toujours là, ton égo. Et tant que tu ne lui auras pas prouvé que tu es totalement capable de reprendre le contrôle de ta vie et que ça ne te met pas en danger, il restera. C’est sa mission, il la remplit jusqu’au bout.

Suivre ses faux désirs permet de cocher des cases : ok, j’ai essayé ça et ça et ça, en fait je ne voulais pas faire ça, pas faire ça non plus, ni ça non plus, what’s next ? Eviter de suivre les faux désirs n’est pas une fin en soi. Par contre ça permet de gagner du temps pour suivre plus rapidement ses vrais désirs, qui eux sont putain de jouissif et donnent à ta vie un goût incomparable.

En quoi connaître ton profil Méta® peut t’aider à suivre tes vrais désirs ?

C’est plus difficile de se mentir à soi-même quand on connait son profil Méta®. Bon, ok, c’est pas forcément vrai. On peut connaître son profil Méta® et continuer de faire le choix inconscient de se mentir à soi-même parce que ça nous arrange bien. Parce qu’on n’a pas encore assez envie d’aller vers ses vrais désirs et qu’on préfère continuer encore un peu (ou beaucoup) avec les faux. C’est un choix inconscient, mais un choix quand même.

Par contre, si tu fais le choix conscient d’arrêter avec tes faux désirs pour aller vers les vrais, connaître ton profil Méta® et te reconnaître dans ce que tu es de manière profonde laisse moins de place pour les faux désirs. Il y en a plein qui s’éliminent d’office. Connaître ton profil Méta®, c’est aussi te passer le message à toi-même : je ME choisis maintenant. C’est choisir d’orienter ton énergie vers la découverte de qui tu es pour profiter pleinement de tes forces et développer ton potentiel pour vivre ta vie en grand. Plus de manière étriquée, avec des bricolages et des rafistolages.

C’est possible d’arriver à éliminer ses faux désirs, mais seulement si tu le souhaites vraiment profondément. Il n’y a qu’avec un vrai désir profond et un choix en cohérence réitéré sur la durée que tu peux arrêter de te mentir, arrêter de suivre tes faux désirs et commencer à écouter les vrais pour ensuite pouvoir choisir de les suivre. Et connaître ton profil peut être un premier pas dans cette voie. Si ça t’intéresse : les dates et lieux des stages que j’anime pour te faire découvrir ton profil Méta® et renouer avec tes vrais désirs sont ici.

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Photo credit: Brokentaco on Visual hunt / CC BY

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