J’ai contemplé de la Beauté sur le parking d’Auchan.

Hier, fin d’après-midi. C’était mon jour de repos alors j’ai passé la journée avec mon mari et mon fils. Le matin, nous avons commandé un canapé (ça c’était pas prévu, c’était la bonne surprise du jour). Nous avons flâné dans différents magasins. Juste pour le plaisir. De prendre le temps, d’être ensemble. De toucher des objets, des matières, de découvrir ce que les créateurs de toutes sortes nous réservent.

En cette fin d’après-midi, je suis un peu fatiguée. Romain veut passer chez Auchan pour demander au gars qui gère les PLV s’il peut en récupérer (C’est quoi les PLV ? des gros trucs en cartons pour promouvoir des produits dans les supermarchés). Je décide de l’attendre dans le camion avec notre fils, car aller chez Auchan pour la deuxième fois de la journée me parait au-dessus de mes forces à cet instant. J’ai juste envie de ne rien faire, de me poser 5 minutes. De me laisser aller.

On l’attend donc sur le parking, dans la cabine du camion. Le soleil décline, il fait bon, juste comme il faut. La luminosité est belle. On est assis un peu surélevé dans le camion, avec une vue bien dégagée. On peut observer un grand périmètre. Alors c’est ce que j’ai fait. Je suis restée là, à moitié déconnectée, à observer le balai des voitures, des couples et des familles qui descendent des voitures puis en remontent.

J’ai observé cet enfant, pré-adolescent à la peau noire, déambulant sur le parking, près d’un monospace à la porte laissée ouverte, dans lequel je devine la silhouette d’une femme assise à l’avant, que je suppose être sa mère. Un homme les rejoint. La femme sort ainsi que 2 autres garçons. Dans mon esprit se forme l’idée que cette femme est courageuse : elle élève 3 garçons. C’était l’ainé que j’ai aperçu jouant à l’extérieur de la voiture. Ils s’éloignent alors tous les 5 vers l’intérieur du centre commercial.

A ce moment, j’étais témoin d’un bout de leur vie. J’en avais conscience. J’ai trouvé ça beau, cette famille qui vit sous mes yeux sans se douter un seul instant que je les regarde, sans vraiment les observer.

Ensuite un couple arrive en voiture. Je ne me souviens plus du modèle. Mais je me souviens de l’image que j’ai eue quand ils en sont sortis. La femme est bedonnante et porte une tenue sportive avec un t-shirt flashy portant un message du genre « quelque chose Energy », ça me fait penser à un t-shirt de yoga. Le contraste entre son allure et le message promu par sa tenue me frappe. L’homme porte un short et des claquettes de piscine. Il marche avec le ventre en avant, comme si c’était son ventre qui le tirait en fait. En les voyant, je me dis que le mauvais goût atteint parfois des sommets que je pensais inatteignables. A leur tour ils s’éloignent.

Mais je reste comme subjuguée par l’image que j’ai d’eux. Ce n’est pas du dégout, ni du jugement ou de la méchanceté gratuite. C’est plus de l’ordre de la gratitude. J’ai conscience d’avoir été témoin de la vie elle-même à travers ces personnes. Comme lorsque j’observe des insectes ou des animaux qui mènent leur vie sans se soucier de ce qui les entoure. Ils ont leur forme, leurs mouvements, leur énergie. Ils sont la vie, ils ne se posent pas de question particulière sur leur allure ou sur ce que l’on pourrait penser d’eux.

En observant ces personnes, tellement différentes de moi et tellement proches à la fois, je me suis sentie connectée à la vie elle-même.

Auparavant, ça m’aurait énervée de voir ces gens se garer sur le parking d’un hypermarché, mettre leur jeton dans la fente de leur caddie et le pousser comme un déambulateur géant à travers des allées dégueulant de produits tous plus chimiques et industriels les uns que les autres.

Mais à cet instant précis, je n’éprouve plus de colère vis-à-vis de cette société, de notre société. Nous en faisons tous partie. Nous sommes la société. La rejeter, lutter contre, cela me parait inutile et illusoire. Pourquoi tant de rejet, pourquoi placer la faute sur l’autre ? Rejeter la société en focalisant sur des défauts qui nous dégoutent c’est comme se rejeter soi en se focalisant sur des défauts qui nous dégoutent. C’est contre-productif et c’est repousser le moment où il faudra s’accepter entièrement tel que nous sommes.

Aujourd’hui, sur le parking d’un hypermarché j’étais juste en train de contempler la vie s’exprimer. Et j’ai aimé ça.

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