Hello Chaos.

Je sors d’une phase de chaos comme je n’en avais pas eu depuis quelques mois. En fait je suis toujours dedans mais j’en vois la porte de sortie. Et c’est pour ça que je suis capable d’écrire. Un peu avant je n’aurais rien pu faire. J’étais tétanisée par mon état intérieur, comme si j’étais prisonnière d’un grand tissu qui m’enveloppait toute entière de manière très serrée, m’empêchant de bouger les bras et les jambes. Ce tissu me disait : « Non tu ne fais rien. Tu restes immobile et tu observes ce qu’il se passe à l’intérieur de toi. Tu ouvres les yeux et tu regardes ! »

Quand j’ai senti le chaos arriver, j’ai voulu l’éviter. J’ai pensé « non pas ça ». Et en même temps je savais que je n’allais pas y couper. Pourquoi ? Parce qu’une partie de moi le veut ce chaos. Elle veut le traverser parce que c’est en le vivant que j’avance. Que je vois des choses que je ne voyais pas avant, que je comprends ce que je n’étais pas en mesure de comprendre avant. Aujourd’hui je peux faire confiance à cette partie de moi qui est prête à traverser le chaos. Parce qu’elle sait que c’est le moment de le faire. Et aussi parce que j’ai pris la décision d’arrêter de me mentir à moi-même. Et là j’avais un gros pan de mensonge qui restait collé à moi. Alors oui, j’avais envie d’être fidèle à ma décision et d’aller voir la vérité qui se cachait derrière.

C’est parce que j’ai accepté de complètement plonger dedans que j’ai pu le voir se dissiper, vraiment tout doucement, petit à petit. J’ai repris pied, et j’ai senti la lumière revenir rayon après rayon.

Là où ça m’aurait pris 10 jours avant, aujourd’hui ça ne m’en a pris qu’un. Parce que j’ai presque instantanément accepté d’aller voir les trucs moches qu’il y avait à voir au fond du fond de cette phase visqueuse et gluante. J’ai forcément été dans le déni, mais sur une phase très courte. Quelques minutes. J’ai très vite accepté d’aller voir le dégout, la honte, la colère, la déception… de les goûter. De me laisser atteindre par leur effet paralysant et glaçant, comme un bain dans lequel on entre à contre cœur mais on sait qu’il faut le traverser pour aller en face, sur l’autre rive. Un bain avec de la vase au fond et des algues qui s’enroulent autour de vos chevilles.

Toute transformation passe par une phase de chaos. Une phase qui n’est pas du tout, du tout, agréable à vivre. Mais rester dans le déni et refuser de vivre le chaos, en se raccrochant au bord du gouffre du bout des doigts de peur de ce qui nous attend une fois qu’on aura lâché, ça revient à refuser le cadeau qui nous attend derrière : se rapprocher de soi-même et de ses vrais désirs.

Vouloir le repousser et refuser de le traverser revient à ne pas vouloir évoluer. Essayer de tout analyser et de tout comprendre pendant la phase de chaos ne fait que ralentir la traversée et rendre l’autre rive encore plus distante. Le contrôle n’aide pas, bien au contraire. C’est là que le lâcher-prise prend tout son sens. Décrispe tes doigts, lâche ta prise et plonge dans le gouffre. Tu verras, ça va être très moche. Mais c’est ça qui te permettra de te débarrasser d’une bonne couche de crasse nauséabonde au passage. Et de kiffer un peu plus ta vie après.

J’ai envie de célébrer cette magie, parce que c’est vrai que putain, le chaos, bah ça fait chier. C’est pas du tout plaisant. C’est pas une promenade en bord de mer au crépuscule. C’est pas sentir le poulet en train de rôtir au marché le dimanche matin. Mais l’humain est capable de traverser le chaos. Ça fait partie de son fonctionnement naturel.

Et il y a de la beauté et de l’amour dans le chaos. Mais il faut l’avoir traversé pour le voir. Et plus je résiste, plus ça prend du temps de traverser le chaos, plus c’est dur d’arriver de l’autre côté, et moins j’ai de chance d’y voir de la beauté et de l’amour. Je vais surtout y voir de la difficulté, des frottements, et un truc insurmontable et trop dangereux vers lequel il ne faut surtout pas aller.

En fait on ne nous a jamais appris à y aller, vers la traversée du chaos, mais plutôt à y résister. Le jour où apprendre à traverser le chaos fera partie des apprentissages qu’on donnera aux enfants, le jour où on saura naturellement intégrer ça à notre hygiène de vie, la face du monde va complétement changer. Je sais que je vais traverser d’autres phases de ce genre. Mais là je savoure ma sortie de chaos. Je me sens revivre. Je peux créer à nouveau. J’ai découvert des choses sur moi-même, j’ai arrêté de me mentir toute seule sur un truc, j’ai mis fin aux histoires que je me racontais pour ne pas voir que je mentais à moi-même à ce niveau-là et j’en sors plus éclairée et grandie. J’ai récupéré de l’énergie pour aller plus directement vers ma vie de kiff. Alors merci le chaos.

Ça c’était une belle prise de conscience. Tu veux pas louper l’arrivée des prochaines dans ta boîte aux lettres virtuelle ? Inscris-toi dès maintenant en cliquant ici !

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