Mur décrépit

Gratte pas trop la surface

On sait pas ce qu’il y a en-dessous, faudrait pas que ça s’écroule.

Ou comment j’ai pris mon gardien du drame en flagrant délit…

J’ai acheté une maison.

Ce truc de grande personne, là, ça y est je l’ai fait.

En l’ayant fait, je comprends qu’on puisse payer un loyer toute sa vie pour ne pas se préoccuper des responsabilités d’un propriétaire. Avoir l’esprit léger c’est pas gratuit.

Bref, tout ça pour dire qu’en ce moment c’est la phase de travaux avant l’emménagement. Et hier j’ai eu une expérience particulière et très intéressante. Et j’ai eu envie d’en faire un article pour la partager. Parce que j’ai compris un truc important.

Le contexte des travaux

Je prépare les murs avant de les peindre. Je ponce les inégalités, je rebouche les trous et je lisse le tout avec de l’enduit pour que le mur soit bien beau avant de le peindre.

Sauf qu’à un endroit, je vois que ça s’effrite. Je commence à gratter l’ancienne peinture qui s’effrite et le plâtre qui recouvre le mur part avec par petites plaques. Puis par plaques un peu plus grosses.

Et là un mécanisme que je connais bien se met en place : « Non touche plus à rien, ça vaut mieux. Laisse comme ça, arrête de gratter. Et surtout, va pas regarder jusqu’où ça déconne. Tu feras semblant de pas savoir, et tu espéreras de toute tes forces que la peinture tiendra sur un truc qui se barre. Voilà, c’est la peinture qui tiendra le tout ! Eureka ! »

Et toi, tu le connais celui-là ?

Hello mécanisme de protection de la réalité

WHAAAAT ? Si le truc s’effondre alors que je l’effleure à peine ??? Tu veux tout laisser, peindre par-dessus et faire comme si de rien n’était ? Mais c’est n’importe quoi !

Oui, en effet c’est n’importe quoi, mais c’est exactement ce qu’une partie de moi aimerait que je fasse à ce moment-là.

Pourquoi ce mécanisme ? Parce que c’est mon gardien du drame qui se met à l’œuvre : « si tu continues, tout le plâtre de toute la maison va partir ! C’est mort et c’est dangereux, laisse tomber, il ne vaut mieux pas aller par-là ! » Il se dresse entre la réalité et moi et dramatise complètement la situation pour me fait peur, que je laisse tomber direct et que je fasse marche arrière.

C’est son rôle de gardien de ma vulnérabilité. Il est pas seul, il y en a d’autres, mais aujourd’hui c’est lui qui est à l’œuvre.

Pourquoi cette expérience est intéressante ?

C’est tellement une sensation connue, de faire comme si j’avais pas vu un truc qui déconne (alors qu’en fait j’ai très bien vu) et que je continuais à faire semblant et à construire par-dessus. Mais surtout gratte pas trop, on sait pas ce qu’il y a en-dessous, ça pourrait s’effondrer. Situations de couple, choix professionnels, choix alimentaires (choisir de finir une pizza en faisant semblant de pas avoir senti que ton estomac te dis déjà stop depuis déjà 3 parts… mais que de pas la finir c’est impensable parce que : a – le carton prendra trop de place dans le frigo ; b – demain elle sera beaucoup moins bonne ; c – il y a des gens qui crèvent la dalle alors jeter des restes de nourriture C’EST PAS ENVISAGEABLE | choisis ta mention utile) Bref, la vie quoi !

Mais là, d’avoir vécu cette expérience physiquement, dans la matière, avec un truc peu engageant : (du plâtre, sur à peine 1 m²), ça a fait bouger quelque chose chez moi. En le réalisant, j’ai VU que la zone à refaire était limitée. Et surtout, j’ai VU qu’il y avait plein d’autres endroits autour où ça tenait. Alors mon gardien du drame qui pensait que ça allait être la grosse merde internationale et que la maison serait inhabitable si je continuais, il avait tort. Pourtant à l’instant où il s’est exprimé ce qu’il me disait me paraissait complètement envisageable. Je l’ai pris en flagrant délit de mensonge. Il en est bien discrédité pour le coup.

Le parallèle avec le travail sur soi

Le travail sur soi c’est la même chose. Au début on veut pas aller voir les trucs qui déconnent car on a peur que ça remette TOUT en cause (tous les murs de toute la maison sont déconnants, c’est mort, vaut mieux pas aller regarder).

Alors qu’en fait, il y a des endroits où ça déconne mais il y a aussi des endroits où ça tient la route. On peut y aller petit à petit, étape par étape. C’est bien fait quand même !

Et on travaille aussi sur soi en passant à l’action pour des petites choses dans la matière ! Comme mon exemple de travaux et de ponçage de murs ! Et c’est plus facile et moins engageant de débusquer son gardien du drame en grattant un mur qu’en voulant rompre avec son partenaire parce qu’on sent que la relation n’est plus ajustée.

Va vivre ta vie, elle se charge de toi. Et elle n’attend que ça…

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Photo credit: Gauthier V. on Visualhunt / CC BY-NC-ND

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