Engin de chantier

La puissance du désir

Le schéma pour obtenir ce qu’on veut dans la vie m’a été enseigné par mon fils de 3 ans et demi (bon, d’abord par d’autres personnes éminentes à mes yeux, mes mentors on va les appeler, cependant, c’est mon fils qui m’en a donné un aperçu complet et réel à son échelle et qui m’a permis de le modéliser de façon pédagogique).

Petit aperçu rapide du contexte qui sert de support pédagogique pour cet article

Mon fils est fan d’engins et de véhicules. Il regarde des dessins animés et ça lui donne des idées pour créer des scènes de jeux. En ce moment, il joue avec des véhicules qui ont chacun un rôle différent. Et il rejoue des scènes de son dessin animé avec ses jouets. Il a une voiture de police, un camion de pompier, un hélicoptère, un tracteur, un tractopelle et des avions. Par contre, il n’a pas d’ambulance. Pas encore. Sauf que dans le dessin animé il y en a une.

Le début du désir : le reconnaître et l’exprimer

« Maman, je veux une ambulance. »

L’autre jour, il s’ennuyait. Je lui propose de jouer avec ses engins. Il me répond qu’il ne peut pas car il n’a pas d’ambulance. Puis il me dit : « Maman, je veux une ambulance. » Moi, un peu embêtée sur le coup : « ah, tu veux une ambulance… » J’essaie de lui trouver une solution rapide. Bah oui j’ai des trucs à faire et j’ai besoin qu’il s’occupe.

Je lui propose de prendre une autre de ses voitures pour jouer le rôle de l’ambulance. Bah non, ça marche pas, « il n’y a pas de croix dessus ». « Ah, et si tu dessinais une croix sur une de tes voitures ? Comme ça elle serait l’ambulance. » Bon, il accepte. On passe 5 minutes à sélectionner une voiture qui pourrait jouer le rôle de l’ambulance pour recevoir une croix fait main (bon une étoile, oui, mais lui il dit une croix alors je réutilise son langage). Il dessine sa croix, mais finalement il trouve que c’est raté, ça lui plait pas.

Son désir est plus profond que ça et les bricolages que je lui propose ne lui conviennent pas. Si toi tu veux t’acheter une maison et que l’agent immobilier te dit : « bah non désolé j’ai rien en maison pour le moment, il va falloir attendre un peu. Par contre je peux vous proposer une tente. Ça vous convient ? » Tu vas le regarder bizarrement. Il se fout de ma gueule ou quoi lui ?

C’était un peu ça qu’il se passait. J’ai bien senti qu’avec mes bricolages foireux je prenais pas son désir au sérieux. J’étais plus préoccupée par le fait qu’il me laisse travailler tranquillement que par ce qu’il se passait pour lui. Puis j’ai senti ma position intérieure changer : intuitivement j’ai senti qu’il y avait un truc qui se passait et j’ai profité de l’occasion sans savoir où ça allait nous mener.

Quel choix je pose pour réaliser mon désir

Bon, alors voilà Loulou. Si tu veux une ambulance, il y a plusieurs choix qui s’offrent à toi :

  1. Tu attends Noël.
  2. Tu attends ton anniversaire.
  3. Tu t’en achètes une avec tes sous.

On passe en revue les 3 possibilités :

  1. Noël, c’est dans trop longtemps.
  2. Mon anniversaire c’est dans trop longtemps.
  3. Ah bon ? Je peux m’en acheter une avec mes sous ? « Bah oui, tu as des sous dans ta tirelire. Va la chercher pour regarder combien tu as. »

J’ai pas fini la phrase qu’il est déjà dans sa chambre et qu’il revient en courant avec son cochon bleu. On compte les sous. 6€ et quelques. Bon. C’est pas beaucoup. On va regarder les prix, on sait jamais, grâce aux Chinois… Au pire tu pourras t’en trouver une à une brocante pour ce prix-là.

Donc j’ouvre une page Amazon pour regarder les prix des ambulances en jouet. Il choisit celle qui lui plait : Bon, celle-là fait 34 €, tu n’as pas assez de sous dans ta tirelire Loulou.

Il n’a clairement pas choisi celle à 8€. Bah oui, si t’as le choix entre une tente et une maison douillette, tu choisis la tente ? (je parle pour toute l’année, par pour 2 semaines de vacances, hein).

A quoi ce choix-là m’expose ?

Déception d’abord : mince, j’ai pas assez de sous dans ma tirelire L je ne vais pas pouvoir m’acheter l’ambulance que je veux. En même temps celle à 8€ elle est nulle. Elle m’intéresse pas. Comment je vais faire pour avoir celle à 34€ ?

Créativité : en fait, des solutions existent. Comment faire pour avoir 34€ ? Je lui donne une solution possible : vendre tes jouets dont tu ne te sers plus à la brocante pour augmenter la somme que tu as dans ta tirelire. « Ah bon, quels jouets ? » « Bah ton poney par exemple. »

Déni : « Quoi ? Non ! Je ne veux pas vendre mon poney ! » « Mais tu t’en sers plus ! » « Si je m’en sers. Tiens regarde. »

Marchandage : Et il va grimper sur son poney pour se balancer et me prouver (se prouver ?) qu’il l’utilise toujours. C’est la phase de marchandage ou encore de négociation, avec l’autre mais aussi et surtout avec soi-même.

Latence : on en reste là pour le moment. Il ne prend pas de décision, ne pose pas de nouveaux choix. Il passe à autre chose et moi aussi. Dans cette phase, il y a sans doute d’autres états émotionnels mais je n’en suis pas spectatrice : colère, tristesse, puis résignation, etc.

Ouverture : quelque temps après, le soir-même si je me souviens bien, il me dit : « Je suis d’accord pour vendre mon poney à la brocante ». Il a parcouru sa courbe de deuil, il est prêt à passer au changement et à vraiment poser un nouveau choix pour atteindre son objectif. Et moi je suis bluffée. Je lui propose qu’on passe en revue tous ses jouets pour sélectionner ceux dont il ne se sert plus et qu’il est prêt à vendre.

Détermination : il me rappelle plusieurs fois dans les jours qui suivent que je dois l’aider à trier ses jouets à vendre à la brocante. Et moi toujours bluffée : « Oui oui, bien sûr mon Loulou, on va s’en occuper. »

Appel à des savoir-faire extérieurs : il sait qu’il ne peut pas faire ça tout seul, alors il demande de l’aide à quelqu’un qui sait faire, qui peut lui montrer comment faire pour apprendre de lui (en l’occurrence moi dans cette situation). Ensuite il pourra être autonome sur cette tâche (c’est ce qu’il a d’ailleurs fait car il a ajouté de nouveaux jouets à vendre, tout seul, dans les jours qui ont suivi le tri qu’on a fait ensemble).

Action : le dimanche matin, on passe enfin à l’action. On a mis au moins 2h pour passer en revue tous ses jouets, du gros camion à la moindre bricole Kinder. Il a tenu le coup tout ce temps et il a joué le jeu.

Voilà tout ce que son simple désir de départ lui a permis de faire. Et c’est pas fini puisque derrière il y a aura encore la brocante. On ne peut pas savoir si en fin de compte il aura toujours envie de s’acheter cette ambulance. Mais peu importe. Ce désir de départ l’a mis en mouvement pour accomplir plein de choses derrière. En même temps je soupçonne qu’il soit ligne en structure Méta®, donc je comprends mieux sa détermination à aller dans la direction qu’il s’est fixée. Mais à 3 ans et demi, je suis bluffée. (C’est quoi le profil Méta® d’une personne ? Tu peux en lire plus par ici).

Petit résumé des étapes

C’est le même mécanisme pour un enfant de 3 ans et demi et pour nous. Les objectifs, le timing et la manière de vivre (ou pas) les émotions et les obstacles qui se présentent à nous sur le chemin ne seront pas les mêmes. Par contre l’apprentissage se fait de la même manière.

  • Reconnaître son désir
  • L’exprimer
  • Examiner les différentes possibilités pour nous amener là où l’on veut
  • En choisir une
  • Passer à l’action
  • Vivre ce qu’il y a à vivre sur ce chemin : renoncement, émotions, apprentissages, péripéties…
  • Atteindre l’objectif
  • Recommencer avec un nouveau désir.

Nos désirs nous font grandir et passer des étapes. Ils nous mettent en mouvement. Ils nous permettent d’apprendre constamment et de continuer à grandir.

Vrai ou faux désir ?

Oui, il y a des vrais et des faux désirs. Il y a des désirs nourrissants qui viennent de plus profond de ton être, et des désirs crispants qui ne viennent pas de ton toi profond mais du toi construit sur des bases bancales.

Si c’est un faux désir, il y a des chances que tu n’arrives jamais au bout, que tu traines, que tu changes 4 fois d’objectif. Et que même si tu arrives au bout, tu ne sois pas pleinement satisfait. Ou alors que tu arrives au bout justement pour te prouver que tu étais capable. Ou encore que tu arrives au bout rapidement car en mettant toute ton attention et ton énergie sur ton faux désir, tu ne laisses pas de place au vrai. Et tu te dépêches d’en trouver un autre pour remplacer celui-là et continuer à ne pas laisser la place au vrai.

Les faux désirs ne nous nourrissent pas vraiment. Il y a un enjeu à avoir ceci ou être comme cela. Une crispation dans le désir. Il n’est ni simple ni sain. On veut obtenir quelque chose pour une raison particulière mais pas pour la chose en elle-même. On veut être d’une certaine manière parce que ça peut rapporter quelque chose. On veut tel diplôme pour ce qu’il représente et dit de nous.

Pourquoi les faux désirs existent ?

Parce que tu as un égo. Une couche inconsciente construite par instinct de survie qui te fait agir et penser de manière automatique, sans même que tu te rendes compte que ce n’est pas vraiment toi, juste pour continuer à survivre. Sauf qu’aujourd’hui en tant qu’adulte tu n’en as plus forcément besoin. Mais il est toujours là, ton égo. Et tant que tu ne lui auras pas prouvé que tu es totalement capable de reprendre le contrôle de ta vie et que ça ne te met pas en danger, il restera. C’est sa mission, il la remplit jusqu’au bout.

Suivre ses faux désirs permet de cocher des cases : ok, j’ai essayé ça et ça et ça, en fait je ne voulais pas faire ça, pas faire ça non plus, ni ça non plus, what’s next ? Eviter de suivre les faux désirs n’est pas une fin en soi. Par contre ça permet de gagner du temps pour suivre plus rapidement ses vrais désirs, qui eux sont putain de jouissif et donnent à ta vie un goût incomparable.

En quoi connaître ton profil Méta® peut t’aider à suivre tes vrais désirs ?

C’est plus difficile de se mentir à soi-même quand on connait son profil Méta®. Bon, ok, c’est pas forcément vrai. On peut connaître son profil Méta® et continuer de faire le choix inconscient de se mentir à soi-même parce que ça nous arrange bien. Parce qu’on n’a pas encore assez envie d’aller vers ses vrais désirs et qu’on préfère continuer encore un peu (ou beaucoup) avec les faux. C’est un choix inconscient, mais un choix quand même.

Par contre, si tu fais le choix conscient d’arrêter avec tes faux désirs pour aller vers les vrais, connaître ton profil Méta® et te reconnaître dans ce que tu es de manière profonde laisse moins de place pour les faux désirs. Il y en a plein qui s’éliminent d’office. Connaître ton profil Méta®, c’est aussi te passer le message à toi-même : je ME choisis maintenant. C’est choisir d’orienter ton énergie vers la découverte de qui tu es pour profiter pleinement de tes forces et développer ton potentiel pour vivre ta vie en grand. Plus de manière étriquée, avec des bricolages et des rafistolages.

C’est possible d’arriver à éliminer ses faux désirs, mais seulement si tu le souhaites vraiment profondément. Il n’y a qu’avec un vrai désir profond et un choix en cohérence réitéré sur la durée que tu peux arrêter de te mentir, arrêter de suivre tes faux désirs et commencer à écouter les vrais pour ensuite pouvoir choisir de les suivre. Et connaître ton profil peut être un premier pas dans cette voie. Si ça t’intéresse : les dates et lieux des stages que j’anime pour te faire découvrir ton profil Méta® et renouer avec tes vrais désirs sont ici.

Tu ne veux pas louper l’arrivée de mes prises de conscience toutes les semaines dans ta boîte aux lettres virtuelle ? Inscris-toi dès maintenant en cliquant ici !

Photo credit: Brokentaco on Visual hunt / CC BY

L’apprentissage fait des dégâts

Ou comment un enfant de deux ans est mon meilleur maître sur le chemin de la conscience

Avez-vous déjà observé un enfant ? Il apprend, c’est son moteur. Il veut faire. Par lui-même, tout et tout seul. Sa soif d’apprentissage est sans limite.

Notre fils nous aide à préparer les repas. Si on ne canalise pas son énergie,  ses gestes et sa volonté d’aider, c’est le champ de bataille dans la cuisine. C’est difficile de trouver le juste milieu entre lui laisser tout faire pour qu’il découvre et l’empêcher de tout faire pour préserver l’état de la maison. J’essaie toujours de lui laisser faire les choses à sa mesure. Mais petit à petit je lui laisse faire des choses de plus en plus osées, avec de plus en plus d’autonomie et de difficulté. En fait non, ce n’est pas moi qui essaie de lui laisser faire, c’est lui qui commence à faire les choses. Il choisit lui-même de se diriger vers des choses plus difficiles parce qu’il maitrise déjà celles que je lui propose. Et moi je suis là, je reste à côté, j’essaie de canaliser.

Avez-vous déjà observé un adulte ? En fait, c’est pareil. A un autre niveau.  Nous aussi, adultes, sommes motivés par la soif d’apprentissage. Je pense que nous ne cessons jamais d’apprendre. Nous avons besoin d’expérimenter au maximum et de faire toutes les erreurs possibles et d’apprendre de leurs résultats. Une fois qu’on a compris, c’est bon, plus besoin de les refaire. Comme les enfants. Même s’il nous faut sans doute plusieurs vies pour faire toutes les erreurs possibles… ça ne rentrerait pas dans une seule !

Et vu les dégâts que peut faire un enfant, un seul petit être, imaginez les dégâts à l’échelle de l’humanité. Vous visualisez ? Évidemment, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Nous sommes en train de faire tous les dégâts possibles et inimaginables à l’échelle de l’humanité et à l’échelle planétaire (voire au-delà, car apparemment on aurait envoyé des trucs dans l’espace non ?) NOUS SOMMES TOUS EN TRAIN D’APPRENDRE. CONSTAMMENT. CONTINUELLEMENT. MÊME SI NOUS N’EN N’AVONS PAS CONSCIENCE. Bonjour les dégâts…

Quand je vois l’état de la cuisine après un passage où mon fils a fait « tout seul », j’imagine le parent qui regarde la Terre, comme si c’était sa cuisine, et l’état dans lequel l’a mise sa progéniture… Vous voyez la mise en abyme ? Alors on fait quoi ? On dit que tous les humains (ou les enfants, selon le contexte) sont des gros cons parce qu’ils font n’importe quoi ? Ou on se retrousse les manches et on commence à ranger, en se disant que la progéniture s’est entraînée aujourd’hui, elle a appris quelque chose, même si c’est infime, et elle fera mieux la prochaine fois. Il n’y a plus qu’à passer derrière pour nettoyer et ranger maintenant.

Savez-vous comment je nettoie le champ de bataille laissé par mon fils ? Avec bienveillance. Je le laisse casser des choses. Françoise Dolto disait qu’un enfant doit faire des dégâts. Et bien un adulte aussi apparemment. Et si on se considérait nous aussi avec bienveillance ? Il y a sûrement quelqu’un derrière nous qui se réjouit de notre apprentissage, de notre évolution, et qui ramasse le verre brisé avec bienveillance. Peut-être un peu d’agacement parfois, car il ou elle se demande quand est-ce que nous comprendrons qu’à force de balancer un objet il se casse ? Qu’à force de polluer on détruit ?

Cette évidence m’a frappée ce midi, alors qu’il y avait de la vinaigrette un peu partout dans la cuisine et des crudités mélangées avec les pommes pour la tarte. Et devinez-quoi ? Avec un tel apprentissage pour mon fils, et avec ce que j’ai compris, donc un apprentissage pour moi-même, j’étais très heureuse de tout ranger et nettoyer derrière nous.

————-

En attendant, si tu ne t’es pas encore inscrit à ma newsletter, tu peux le faire : tu reçois mes articles directement quand ils sortent et en plus je t’offre mon guide gratuit pour savoir pourquoi t’émerveiller 5 secondes par jour peut radicalement changer ta vie : clique ici !

— Pour en savoir plus sur l’auteur de cette article, c’est à dire moi : c’est par là 🙂

Conditionnement quand tu nous tiens…

…par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette

Le conditionnement. Ça commence tout petit. Quand les personnes qui s’occupent de toi te disent, c’est pas bien de faire cela, ça c’est bien continue. C’est bien / C’est pas bien. Combien de fois on l’a entendue celle-là quand on était enfant.

Je suis maman. Mon fils a deux ans et demi. C’est bien / C’est pas bien : j’ai viré ces mots de mon vocabulaire… En tout cas lorsqu’il est là.

Si je devais ne retenir qu’une chose pour l’éducation de mon fils, une seule chose à lui transmettre, ce serait de faire de lui un être libre. Non conditionné (ou disons le moins possible …) Capable de réfléchir et de prendre des décisions par lui-même et pas dépendant des autres, de ce qu’ils vont penser, de ce qu’ils vont dire, de comment ils vont réagir. Moi ça m’a pris plus de 25 ans pour prendre conscience que j’étais conditionnée au regard des autres. Pourtant le conditionnement c’est quand même ce qui régit notre vie la plupart du temps. Mais c’est tellement présent, ancré en nous, qu’on ne s’en rend même plus compte. Alors pour se déconditionner, ça m’a pris quelques années. Et c’est sûrement pas fini. Alors si je peux faire économiser quelques années d’enfermement conditionnel à mon fils et lui permettre de gagner quelques années de liberté, je prends.

Alors voilà comment je m’y prends justement. C’est très simple finalement : dès que j’ai envie de dire quelque chose à mon enfant, concernant ce qu’il fait, je me pose la question : qu’est-ce qui me pousse à faire ça ? Est-ce que c’est quelque chose qui me tient à cœur ? Ou pas ? Et si ça me tient à cœur, ça vient d’où ? Du cœur justement ? Des tripes ? Ou d’une peur ? D’une peur de quoi ? C’est pour sa sécurité et son intégrité physique ? Ou c’est juste une peur de ce que vont penser les autres ? Une peur du rejet ? De ne pas être aimé ?

En fait pour replacer les choses dans leur contexte : avant d’avoir un enfant, j’avais plein d’idées reçues sur leur éducation : la politesse, la hiérarchie familiale, la place des enfants par rapport aux adultes, dans la société, ce qu’ils DOIVENT faire, ce qu’ils ne DOIVENT PAS faire, ce qu’il FAUT que les parents fassent, etc. La liste pourrait être longue.

Et ensuite il est arrivé. Toutes mes idées reçues ont volé en éclat. Je ne pouvais m’attendre à rien de connu. C’est de l’adaptation H24, de l’inconfort 7j/7, surtout au début. Mais surtout, je me suis rendue compte que ce que je voulais pour lui, je le savais déjà, et je savais tout. Je ne pouvais pas forcément mettre les mots dessus, mais tout était là, quelque part en moi, et se présentait le moment venu. Je n’avais, et n’ai toujours que très peu d’inconnues à prendre en compte. Des doutes, bien sûr, je suis humaine et ce que je sais profondément va tellement à l’encontre de tout ce qu’on voit dans cette société qu’il y a forcément des moments de doute. Pas forcément sur ce que je ressens, mais plutôt : est-ce que je vais le mettre en application ?

Je ne sais pas dans quelle mesure les autres ont un impact sur le conditionnement d’un enfant. La nounou, les grands-parents, les autres enfants,  toutes les autres personnes qu’il fréquente. Je pense que ça dépend de l’enfant, de sa personnalité, de son caractère. En tout cas il est clair que j’ai fait le choix que mon enfant soit la majorité du temps avec nous ses parents. Je n’ai pas envie qu’il soit conditionné par d’autres personnes qui n’ont pas ma vision de la vie. Je ne l’ai pas fait pour le laisser à d’autres. Quand je dis ça, je ne cherche pas à culpabiliser les parents qui font garder leur enfant. Je comprends très bien que ce soit nécessaire dans notre vie moderne. Chacun est libre de faire ses propres choix. Si si. Et l’idée de ne pas avoir le courage de s’occuper de ses enfants dans cette société m’est totalement recevable. Car la société dans laquelle nous vivons va à l’encontre de tout ce que sont les enfants. La joie, la spontanéité, l’entièreté des émotions, leur puissance, l’apprentissage par le jeu. Tout ça c’est banni par la société. Alors comme le travail d’éducation revient à faire nier aux enfants tout ce qu’ils sont naturellement, vous vous rendez compte du travail ? Vaut mieux laisser faire ça à des pros. Ils connaissent leur job. Surtout qu’il y a certains enfants qui ne se laissent pas faire, ils sont coriaces. C’est compliqué de leur faire nier leur nature profonde, ils se rebiffent… Et nous les adultes, on ne se rend pas compte que les enfants sont juste en train de se débattre pour essayer d’être eux-mêmes. A la place on va chez le médecin et on leur cherche des pathologies.

Mon fils a un très fort caractère. Je le remercie pour ça. A chaque fois qu’il s’en sert, je comprends que ce que je lui demande sur le moment n’est peut-être pas forcément adapté. Je ne cherche pas à le faire rentrer à tout prix dans un modèle d’éducation qui est appliqué à tout le monde et qui ne convient donc à personne. J’analyse la situation et je m’adapte.

Attention, je ne suis pas en train de dire que je lui cède tout. Mais je fais mes choix en conscience. Pas selon la « morale », la « bien-pensance », la « bienséance, » la « politesse », vous m’aurez compris. Ce ne sont pas les valeurs que j’ai choisies, ni pour moi, ni pour mon fils. Mes valeurs, celles que j’ai choisies et qui me parlent profondément ce sont la liberté, la beauté, la simplicité et l’authenticité.

Pour moi, tant qu’il joue, qu’il apprend la vie dans le respect des autres, du vivant et de sa sécurité, je le laisse faire volontiers. Il est vrai que la notion de respect est forcément large et que chacun a sa propre définition, j’en conviens. Tant qu’il respecte ma notion du respect, c’est ok…

Alors voilà ce qu’il se passe dans ma tête. J’ai décomposé le mouvement mais ça ne dure qu’une fraction de seconde.  « Pourquoi je lui demande de faire ça ? Parce que j’ai peur que l’entourage dise qqch ? C’est bon je laisse tomber. » « Pourquoi je lui demande de faire ça ? Parce que j’ai peur pour sa sécurité ? Ok, est-ce qu’il y a vraiment un danger là tout de suite ? Est-ce que je peux essayer de lui faire confiance ? Oui ? Non ? » « Pourquoi je lui demande de faire ça ? Parce que ça répond à quelque chose qui est vraiment important pour moi ou je pense que c’est vraiment important pour son développement ? Ok, je continue de lui demander ça. Tant pis s’il râle, c’est comme ça. »

Je t’invite vraiment, cher lecteur, à observer lorsque tu agis ou réagis, ce qu’il y avait profondément à la racine de cette action ou réaction. Est-ce que ça vient vraiment de toi ? De tes tripes ? De ton cœur ? Ou est-ce que ça vient d’un conditionnement ? Si ça vient d’un conditionnement, c’est ok et c’est normal. Rien que le fait de l’observer, c’est déjà le début du dé conditionnement. Cette observation, je t’invite à la faire sur toi-même et pas forcément lorsque tu es en interaction avec un enfant, mais le plus souvent possible. Cet article, là, sur les enfants, l’éducation, tout ça… C’était juste un prétexte pour t’inviter à regarder en toi, à aller observer à l’intérieur de toi. Et à t’inviter à être toi-même, et pas la version qui respecte les codes de la société.

Mon fils est une source d’émerveillement inépuisable. C’est aussi le plus haut challenge de toute ma vie. Qu’est-ce que j’apprends à ses côtés ! Je suis comme lui, j’apprends tous les jours. C’est grâce à lui que j’ai pu observer tous ces mécanismes inconscients que l’on a depuis l’enfance et qui nous empêchent d’être vraiment nous-mêmes. Ils ne sont pas à blâmer ces mécanismes. Ils sont là pour une bonne raison. Ils nous ont permis de grandir et de survivre dans notre environnement jusqu’à l’âge adulte, âge où l’on peut enfin décider que notre survie ne dépend plus de personne d’autre. On peut alors décider de les mettre de côté pour être pleinement soi-même. Pour agir depuis notre cœur et nos tripes. Et c’est super intéressant et enrichissant. C’est un premier pas vers la liberté.

—- Pour s’inscrire à ma newsletter et recevoir mes articles quand ils sortent : cliquer ici ! —-

—- Pour en savoir plus sur l’auteur de cette article, c’est à dire moi : c’est par là 🙂 —-